Un gallicisme, c'est simplement une tournure française que les autres langues nous piquent — ou qu'elles refusent catégoriquement d'adopter. « C'est… qui… » ou « il y a… » : des constructions tellement naturelles pour nous qu'on oublie qu'elles sont des cauchemars pour les grammairiens étrangers. L'anglais ? Il ne sait même pas comment structurer ces phrases sans se tortiller. L'espagnol préfère garder ses distances. Mais le français, lui, persiste à les utiliser comme si de rien n'était, forçant ainsi d'autres langues à les emprunter ou à les inventer pour nous comprendre. Une victoire discrète de notre langue : nous ne conquérons pas le monde par la force, mais par l'étrangeté de nos constructions grammaticales.