En linguistique, une "famille de mots" regroupe des vocables partageant une racine commune. Mais voilà le piège : deux linguistes ne dessineront jamais le même arbre généalogique. L'un verra "pain", "panifier" et "panier" comme proches parents ; un autre les jugera éloignés selon des critères différents. C'est comme décider si votre cousin au 7e degré compte vraiment dans la famille. La taille de la tribu dépend entièrement du regard de celui qui la trace. Un même mot peut donc appartenir à plusieurs familles selon la théorie qu'on applique. La langue, finalement, n'obéit pas aux codes génétiques : elle reste aussi subjective que nos querelles de famille.