« Je n'ai plus que les os » — Pierre de Ronsard dresse l'inventaire impitoyable de sa propre dégénérescence dans ce sonnet du XVIe siècle. Chef de file de la Pléiade, le poète regarde son corps s'effondrer : plus de chair, plus de forces, juste des os qui restent. C'est un sonnet du recueil « Derniers Vers », publié en 1586 lors de ses obsèques officielles — une méditation crue sur le temps qui ravage. Pas de complaisance, pas de fard lyrique : Ronsard affronte la mort avec une lucidité glaçante, transformant sa propre ruine en poésie élémentaire et bouleversante. Un adieu littéraire au corps, aux illusions de jeunesse, à la vie.