Imaginez un prince qui renonce à la couronne pour conquérir l'immortalité par la poésie. C'est Ariwara no Narihira (825-880), fils de l'empereur Heizei, qui redéfinit ce que signifie être artiste au Japon. Écorté de la succession impériale, il transforme cette blessure en génie : ses vers deviennent légendaires, le plaçant parmi les six génies poétiques et les trente-six grands maîtres. Sa vie romanesque — amours, exils, quêtes spirituelles — inspire des générations entières d'écrivains. Plus qu'un simple poète : un fondateur. Narihira donne au waka ses lettres de noblesse et montre que la vraie puissance réside dans les mots éternels, bien après que les couronnes soient tombées.