Il existe un mot grec ancien que le stoïcien Cléanthe a forgé pour capturer quelque chose d'essentiel : lekton, « ce qui peut être exprimé ». Formé du verbe legein (dire, signifier), ce terme révèle une obsession philosophique des stoïciens du IIIe siècle av. J-C : distinguer la pensée de sa formulation. Le lekton n'est ni le son, ni l'objet — c'est ce sens flottant entre le monde et nos paroles. Un concept subtil mais fondateur pour la logique stoïcienne, qui cherchait à démêler ce que nous pensons vraiment de ce que nous en disons. Une idée qui a influencé la philosophie du langage pendant des siècles.