Au Moyen Âge, le philosophe majorquin Raymond Lulle imagine l'impensable : un système capable de prouver les vérités du christianisme par la raison pure. L'Ars magna, aussi nommé Ars combinatoria ou art lullien, fonctionne comme une machine philosophique. Elle repose sur des notations symboliques et des diagrammes combinatoires qui permettent de produire des arguments rationnels de manière quasi-automatique. Lulle le décline en plusieurs versions, du plus complexe au plus simple, affirmant que sa méthode peut démontrer la vérité chrétienne à n'importe quel interlocuteur, croyant ou non. Un rêve grandiose : transformer la philosophie en algorithme vivant.