Imagine un système philosophique où tout est écrit à l'avance, sans aucun dieu pour diriger les choses — bienvenue chez les Ajivika. Ce mouvement ascétique, fondé vers le Ve siècle av. J.-C. par Gośāla en Inde, prédisait un fatalisme strict : chaque créature transmigre selon un principe cosmique impersonnel, impossible à changer. Les Ajivika, moines mendiants appelés śramaṇa, partageaient des idées avec le bouddhisme et le jaïnisme, mais s'en distinguaient par leur vision radicale du destin. Cette philosophie disparue offre une fenêtre fascinante sur les débats anciens autour de la liberté, du karma et de l'âme — avant même que le bouddhisme n'unifie ces questions.