Imagine une copie parfaite d'une chose, si parfaite qu'elle en oublie d'être une copie — c'est le simulacre. En philosophie, ce terme désigne quelque chose de plus troublant : une apparence qui ne renvoie à AUCUNE réalité sous-jacente, mais qui ose se présenter comme réelle. Contrairement à une simple copie (qui avoue imiter le réel), le simulacre cache son jeu : il prétend ÊTRE la réalité. Platon explorait déjà ce vertige dans Le Sophiste. Une idée obsédante à l'époque des images numériques : à quel moment une représentation nous trompe-t-elle vraiment ?