Les philosophes des Lumières rêvaient d'une science épurée de tout parti pris, d'une quête objectif guidée par la seule raison. Max Weber a cristallisé cette ambition avec le principe de "neutralité axiologique" : le scientifique doit mettre de côté ses convictions personnelles pour observer le monde tel qu'il est. C'est devenu le fondement du débat public équilibré. Mais ce bel idéal ne fait pas l'unanimité. Les pragmatistes américains et d'autres critiques pointent une faille : peut-on vraiment séparer l'observateur de son observation ? La neutralité scientifique reste l'un des plus beaux défis — et des plus discutés — de la science moderne.