Après un événement, tu te dis « j'aurais dû le voir venir ». C'est le biais rétrospectif : notre cerveau réécrit l'histoire pour faire croire que tout était prévisible. On surestima la clarté des signaux d'alerte une fois qu'on connaît l'issue. Ce mécanisme mental nous rassure — il nous laisse croire qu'on contrôle davantage qu'on ne le fait réellement. Nassim Nicholas Taleb y voit un déni du hasard : nous avons besoin de transformer chaque surprise en destinée inévitable. Comprendre ce biais, c'est accepter qu'une part de la vie échappe à notre prévoyance.