Eitr en vieux norrois, c'est d'abord le venin du serpent ou du dragon — mais c'est aussi bien plus complexe. Ce mot germanique ancien désigne tout fluide corporel toxique ou dégoutant : le pus d'une plaie, la bile amère, et même, au sens figuré, la corruption morale elle-même. Pour les anciens Nordiques, eitr était une force cosmique : un poison pour le corps ET pour l'âme. C'est cette fluidité de sens — du physique au moral, du biologique au spirituel — qui rend ce concept fascinant. Il montre comment les Germanic percevaient l'univers : pas de frontière nette entre la matière et le mal, tout est interconnecté dans un système où le poison circule partout.