"Celles qui répandent la Terreur" ou "Toutes-Victorieuses" — ainsi se nommaient les Alaisiagae, paire de déesses qui incarnaient la victoire absolue dans le panthéon celtogermanique. Sous deux identités distinctes (celtique et germanique), elles surgissent ensemble dans les textes romano-britanniques : Boudihillia et Beda d'un côté, Fimmilena et Friagabis de l'autre. Ces déesses n'étaient jamais seules — elles accompagnaient Mars Thingsus, le dieu du Thing (l'assemblée guerrière germanique), fusionnant ainsi les spiritualités celtique et romaine. Leur culte révèle un moment fascinant d'histoire religieuse : quand les peurs de guerre, les espoirs de triomphe et la domination impériale se rencontraient dans les mêmes autels. Une mythologie de frontière où tout se mélange.