Au début du XXe siècle, la Chine a fait un choix radical : écrire comme elle parle. Jusqu'alors, le chinois écrit était figé, lourd, réservé aux érudits — presque une langue étrangère pour le peuple. Le baihua, ou « écrit vernaculaire », a changé la donne en s'appuyant sur le mandarin parlé, rendant la littérature accessible à tous. C'est une révolution linguistique silencieuse : du jour au lendemain, l'écrit devint vivant, moderne, démocratique. Depuis les années 1920, le baihua domine l'écriture chinoise. Comprendre son essor, c'est découvrir comment une langue se libère.