Entre le XVIIIe et le XIXe siècles, dans les eaux arctiques glacées du Spitzberg et de Kola, une langue improbable a émergé : le russenorsk. Ce pidgin hybride, mi-russe mi-norvégien, était né du besoin pragmatique de commerçants, pêcheurs et marins de communiquer au-delà de leurs langues maternelles. Rudimentaire mais efficace, elle fonctionnait surtout pour les échanges commerciaux, composée à environ 50 % de vocabulaire russe et norvégien. Une langue de survie, forgée par le froid et les affaires, qui a finalement disparu comme les hivers qui l'ont créée.