Le 26 janvier 2010, une langue entière s'est éteinte : l'aka-bo disparaissait avec Boa Sr., sa dernière locutrice. Cette langue du groupe grand andamanais résonnait autrefois sur les côtes d'Andaman du Nord, en Inde. Mais dès les années 1970, elle n'existait plus que dans la mémoire d'une seule personne. Le cas de l'aka-bo est tragique et exemplaire : il incarne la fragilité extrême des langues menacées, quand elles deviennent la propriété d'un seul être humain. Avec sa mort s'est envolée la dernière trace d'une identité linguistique ancienne.