En plein cœur du bassin du Tarim, aux confins du Xinjiang, une langue disparue parlait l'héritage de l'Indo-Europe : l'agnéen, ou tokharien A. Du Ier millénaire jusqu'à son extinction, elle résonnait dans les villes caravanières de Karachahr et Tourfan, coexistant avec sa cousine le tokharien B. Ce qui rend ces deux langues fascinantes ? Elles forment ensemble la branche tokharienne des indo-européennes — une découverte qui a révolutionné notre compréhension de la migration des peuples indo-européens vers l'Asie centrale. Les quelques fragments préservés nous permettent encore aujourd'hui de décoder les secrets d'une civilisation oubliée.