Au Japon existe une pratique discrète mais puissante : le kotobagari, littéralement la « chasse aux mots ». C'est une forme de censure culturelle qui bannit les mots jugés politiquement incorrects du langage formel. Des termes historiquement associés à des stigmatisations — gaijin (étranger), rai (lépreux), mekura (aveugle), kichigai (fou) — sont progressivement évités, voire abandonnés. Cette chasse aux mots révèle comment une société régule son propre langage pour refléter des valeurs changeantes. C'est moins une interdiction légale qu'une pression sociale douce mais efficace. Un phénomène linguistique fascinant qui montre combien les mots portent du poids culturel et social au Japon.