Au XIXe siècle, le Japon vivait une contradiction langagière étrange : on écrivait en japonais classique ou en chinois classique, mais on parlait japonais vernaculaire. Le Genbun itchi — littéralement « unification de la langue parlée et écrite » — a changé tout ça. Ce mouvement révolutionnaire a progressivement remplacé l'écrit formel par la langue vivante du peuple, abolissant une séparation qui durait depuis des siècles. Amorcé au XIXe siècle, il s'est cristallisé au début du XXe, transformant la littérature, l'éducation et la communication publique. C'est une refonte linguistique rare où une nation entière a choisi l'authenticité over la tradition. Une révolution silencieuse qui a rendu la langue accessible à tous.