La Suède a rêvé d'empire, mais en petit format. Entre 1638 et 1655, puis de nouveau entre 1785 et 1878, elle possède quelques colonies dispersées — jamais simultanément d'ailleurs. Son apogée territorial survient au milieu du XVIIe siècle, notamment avec la Nouvelle-Suède en Amérique du Nord, qu'elle perd aux mains des Néerlandais. Controversée par les historiens qui débattent du terme même d'« empire » pour qualifier ces possessions minimalistes, la Suède incarne une ambition coloniale décalée : modeste en taille, mais révélatrice du fantasme impérial universel.