En 1993, un dessin du New Yorker montre un chien assis devant un ordinateur, déclarant à un autre chien : « Sur internet, personne ne sait que tu es un chien. » Cette simple phrase, signée Peter Steiner, capture en une image l'essence de l'anonymat numérique — ce pouvoir de se réinventer sans révéler qui on est vraiment. À l'époque où le web était encore une forêt vierge, ce cartoon prophétique devenait un adage universel, résumant la grande liberté (et la grande dangereuse) du cyberespace. Depuis, l'internet a grandi, l'anonymat s'est fragmenté, les algorithmes nous connaissent mieux que nous-mêmes. Mais cette image du chien reste gravée dans les esprits — un hymne au droit d'oublier son identité, même si plus personne ne peut vraiment le faire.