Avant les bulletins météo, les paysans avaient leurs propres codes secrets pour prédire le temps. Des formules transmises de bouche à oreille, nées de siècles d'observation empirique, servaient de GPS climatique aux générations rurales. Chaque région avait ses propres règles : en Provence, un ciel dégagé sous le Mistral promettait beau temps, tandis qu'au Forez, voir le Mont Blanc signifiait l'arrivée imminente de la pluie. Ces dictons météorologiques n'étaient ni parfaits ni universels — ils valaient surtout pour la région où ils avaient grandi. Mais avant la science climatique du XIXe siècle, ils ont permis aux hommes de la terre de survivre aux caprices du ciel, transformant chaque phénomène observable en indice de vie ou de récolte. Un système d'alerte naturel où l'expérience valait mieux que toute théorie.