Une crise écologique ne se mesure pas au nombre d'espèces disparues, mais à leur importance pour l'écosystème. Les scientifiques l'ont découvert en étudiant les extinctions : la perte d'une seule espèce clef — comme les abeilles — peut déstabiliser un écosystème bien plus qu'une centaine d'espèces secondaires. Le lac Victoria en a fait l'expérience quand l'introduction accidentelle de la perche du Nil a détruit tout l'équilibre local. Depuis le début du XXIe siècle, ces crises se multiplient : changement climatique, disparition de biodiversité, effondrement d'écosystèmes. C'est un effet domino où certains maillons de la chaîne valent beaucoup plus que d'autres. L'écologie n'est pas une question de quantité : c'est une affaire d'architecture.