En Russie, un mot terrifiant désigne une tradition mortelle : dedovchtchina, littéralement « la loi des grands-pères ». Dans l'Armée rouge puis l'Armée russe, les soldats anciens imposaient un système de violences systématiques aux recrues fraîchement arrivées. Insultes, coups, humiliations — et parfois bien pire. Ce rituel brutal n'était ni une aberration passagère ni un simple bizutage : c'était une hiérarchie informelle, acceptée, qui transformait chaque caserne en petit enfer privé. Des générations de jeunes hommes ont plié sous le joug de cette « loi » non écrite, où le seul crime était d'être nouveau. Une pratique si ancrée qu'elle a fallu des décennies pour la combattre vraiment.