À La Réunion, il existe une profession invisible : le caritologue. Ce n'est pas un docteur, mais un maître du cari, ce plat traditionnel qui nourrit l'île depuis des siècles. Le terme, créé par l'artiste André Béton, désigne ces spécialistes qui se voient comme des soignants utilisant la cuisine réunionnaise pour leurs "soins". Ils portent fièrement l'acronyme DPLT — Diplômé par la tradition — une reconnaissance humoristique mais sincère de leur expertise acquise non par les écoles, mais par les générations passées. Un cari bien préparé n'est jamais qu'une recette : c'est une transmission, une philosophie, presque une médecine du quotidien. Un mot, un concept, tout un art de vivre résumé en une seule profession inventée.