L'animalisme repose sur une distinction philosophique fondamentale : celle entre être agent moral et être patient moral. Un agent moral est responsable de ses actes et peut être tenu pour coupable. Un patient moral, lui, ne décide pas mais peut souffrir. Voici le coup de génie : l'animalisme affirme que les animaux, bien qu'incapables de culpabilité, méritent notre protection morale parce qu'ils souffrent. Un enfant en bas âge n'est pas agent moral — il ne comprend pas l'éthique — pourtant nous le protégeons farouchement. L'animalisme applique cette logique à tous les êtres sensibles. Ce courant, appuyé par l'éthologie moderne, inverse ainsi notre rapport aux créatures : ce n'est pas la conscience morale qui crée les droits, c'est la capacité à souffrir.