Imaginez deux phrases qui se prononcent rigoureusement de la même manière, mais qui signifient des choses totalement différentes. C'est le principe des vers holorimes : des lignes de poésie où le vers entier devient une rime, pas juste la fin. Un poète français nommé Jean Goudezki a frappé un grand coup en 1892 en composant le premier sonnet holorime jamais enregistré. Écrit dans le célèbre cabaret parisien du Chat noir et dédié au maître du jeu de mots Alphonse Allais, ce sonnet jouait sur une ambiguïté phonétique totale. Une prouesse littéraire où les mots se déguisent, où l'oreille est reine, et où deux mondes de sens coexistent dans une seule et même sonorité.