En 1980, Ormonde de Kay publie un recueil de poèmes en français volontairement dénué de sens et asyntaxique — une véritable provocation littéraire. Chaque vers est un assemblage ludique de mots qui sonnent français sans former de phrases cohérentes. Mais voilà le génie du truc : le livre s'accompagne de notes érudites complètement sérieuses qui prétendent décrypter ces poèmes absurdes comme s'il s'agissait d'une œuvre majeure. C'est un jeu de mots poussé à son paroxysme, un canular littéraire qui se moque gentiment de la critique académique. Un écrivain américain invente une langue qui n'existe que pour elle-même, et des savants bien intentionnés tentent de lui trouver du sens — voilà toute l'ironie de la littérature.