Le calembour est bien plus qu'une blague facile : c'est un jeu de mots fondé sur l'homophonie et la polysémie, où le sens double d'une phrase crée l'ironie. Apprécié surtout à l'oral, où une intonation change tout, il s'épanouit particulièrement en français — une langue peu accentuée et généreuse en homophones. Les journaux satiriques et chansonniers du début du XXe siècle en ont fait leur arme préférée. Entre les dithyrambes (Isaac Asimov le voyait comme « la forme la plus noble de l'esprit ») et les critiques (Victor Hugo y voyait « la fiente de l'esprit »), le calembour a toujours divisé. Pourtant, c'est précisément cette dualité qui fait sa force : un art où la langue elle-même devient terrain de jeu.