En 1981, l'épidémiologiste Geoffrey Rose découvre une énigme troublante : la majorité des malades ne viennent pas des populations à très haut risque, mais de celles à risque faible ou modéré. Pourquoi ? Simplement parce qu'il y a beaucoup plus de gens à risque modéré que de gens à risque extrême. Résultat : un seul individu ultra-vulnérable produit moins de cas qu'une foule entière de gens faiblement exposés. C'est contre-intuitif, mais mathématiquement imparable. Ce paradoxe explique pourquoi les campagnes de santé publique massive — ciblant tout le monde — sauvent souvent plus de vies que des interventions chirurgicales sur les seuls patients critiques. La prévention de masse remporte contre la médecine de précision, simplement par la force du nombre.