Au Japon féodal, les daimyos ne se contentaient pas de crier leurs ordres : ils les brandissaient dans le ciel. Les uma-jirushi, ces énormes étendards tridimensionnels en forme de cloches, de gongs ou de parapluies, flottaient au-dessus des champs de bataille pour rallier les troupes. Plus qu'un simple drapeau, c'était une cible vivante : le porteur du uma-jirushi devait guider ses hommes tout en servant de point focal aux ennemis. À tel point que seuls les daimyos les plus riches et puissants pouvaient en posséder. En 1645, le shogunat a même formalisé leur usage selon les revenus des seigneurs, transformant ces géants de tissu en symboles de statut militaire. Une stratégie qui mélangeait organisation tactique et psychologie de guerre : rester visible pour diriger, mais visible pour être aussi la cible numéro un.