Dans les années 1980, l'Europe voyait ses navires disparaître des mers. Les armateurs les faisaient rebaptiser sous des pavillons de complaisance — des drapeaux de façade dans des paradis fiscaux — pour échapper aux charges. Plutôt que de laisser faire, l'Union a imaginé EUROS, un registre maritime révolutionnaire. L'idée ? Séduire les armateurs avec des avantages fiscaux alléchants et leur promettre l'exclusivité du cabotage européen s'ils gardaient le pavillon bleu. Un coup de génie bureaucratique pour reconquérir les océans. Sauf que le projet, en dépit de ses promesses, s'est heurté aux réalités économiques : les armateurs ont continué à fuir, et le pavillon européen n'a jamais vraiment conquis les mers.