Durant l'époque coloniale, le terme « évolué » désignait un Africain ou un Asiatique qui s'était « civilisé » — autrement dit, qui parlait français, adoptait les lois et codes européens, occupait des postes de bureau modestes. Ces hommes et femmes, urbains et éduqués, vivaient entre deux mondes : reconnus par les colonisateurs, souvent rejetés par leurs propres communautés. Mais derrière ce mot apparemment neutre se cachait une hiérarchie brutale : l'idée qu'il n'y avait qu'une seule voie de progrès, celle de l'Europe. Le vocabulaire lui-même était une arme — insinuant que ceux qui refusaient cette assimilation restaient, eux, « non-évolués ».