Un trait de crayon pariétal vieux de mille ans s'est réincarné en emblème rock. Le logo d'Einstürzende Neubauten, ce groupe allemand des années 1980, n'est pas une création moderne : c'est une figure humanoïde primitive — jambe droite raccourcie, tronc allongé, tête ronde avec un point central — que les Toltèques gravaient déjà sur les murs. Les musiciens berlinois, pionniers du post-industriel, ont reconnu dans cette silhouette fragmentée une force brute et ancestrale qui correspondait à leur esthétique : destruction, régénération, puissance primordiale. Un peuple ancien et un groupe expérimental, séparés de mille ans, unis par le même besoin de laisser une marque. Ainsi, une empreinte précolombienne a traversé les âges pour devenir le visage muet d'une révolution sonore.