Stéphane Mallarmé écrit un sonnet tellement hermétique, tellement personnel qu'on ne sait même plus comment l'appeler. Deux versions, deux titres — la première parle d'« allégorie de lui-même », la seconde reste muette. Les lettres x et y deviennent les stars de ce poème : Mallarmé y accumule des rimes rares, presque impossibles, qui donnent au texte une musicalité bizarre et captivante. Publié en 1899 dans ses Poésies, le Sonnet en X reste une forteresse de mystère — chaque lecteur y cherche son propre sens. C'est du Mallarmé pur : avant tout, il y a la forme, l'énigme, la beauté de ce qui ne se laisse jamais complètement déchiffrer. Ose te perdre dans ses labyrinthes.