Et si le savoir avait un genre ? L'épistémologie féministe pose cette question radicale : comment l'appartenance au sexe féminin — et plus largement, la perspective des femmes — transforme-t-elle notre conception même de la connaissance ? Selon Elizabeth S. Anderson, c'est une révolution intellectuelle : examiner comment le sexe influence nos pratiques de recherche, nos méthodes de justification, nos certitudes. L'épistémologie féministe dénonce l'androcentrisme — cette tendance à prendre le point de vue masculin comme neutre et universel. Elle révèle que la connaissance n'est jamais neutre, qu'elle porte toujours les traces de celui ou celle qui la produit. Inclure les femmes, c'est transformer radicalement ce qu'on croit savoir et comment on le sait.