Surprise : il n'y a pas « une » langue chinoise, mais plusieurs — des langues sinitiques qui forment une famille entière. Ce qu'on appelle « chinois » est en réalité un ensemble de parlers parfois très différents entre le nord et le sud. Pourtant, l'écriture chinoise unit tout ça : elle transcende les prononciations régionales, créant une universalité écrite là où la parole se fragmente. Les Hans l'appellent hanyu, « langue des Hans », même si d'autres ethnies la parlent aussi. C'est un cas unique : une écriture plus puissante que la prononciation elle-même. Comprendre cette architecture linguistique, c'est saisir comment la Chine s'est maintenue unie malgré ses différences.