Le 1er novembre 1928, Mustafa Kemal Atatürk met en œuvre l'impensable : remplacer l'alphabet arabe, utilisé depuis des siècles pour écrire le turc ottoman, par un nouvel alphabet latin. Quarante-huit heures plus tard, l'ancien alphabet est purement et simplement interdit. Un geste radical qui ressemble à une rupture avec le passé, une modernisation forcée. Cette « révolution des signes » transforme l'identité écrite d'une nation en quelques jours. Comment un changement d'écriture peut-il redéfinir toute une civilisation ?