François Mauriac le proclame en 1933 : les romanciers qui se croient créateurs se trompent. Ils puisent dans la réalité, simplement. Pourtant, paradoxe fascinant, en écrivant ils enfantent un monde totalement différent de ce qui les inspire. C'est précisément ce que Mauriac reproche aux romans irréels et idéalisés — ces mondes de pacotille qu'il juge faits pour les lecteurs paresseux, incapables de réflexion, qui ont besoin de se projeter dedans. Un essai qui pose une question intemporelle : où s'arrête l'imitation, où commence la création ?