Ozu révolutionne le cinéma en filmant le RIEN. Pas d'intrigue spectaculaire : une famille se réunit, on regarde, on écoute, on pleure. Voyage à Tokyo ? Trois générations qui se parlent sans urgence dramatique. Ozu comprend que la beauté gît dans les interstices, dans les regards entre les mots, dans la fatigue d'être vivant. Sa caméra statique fixe la vie ordinaire jusqu'à ce qu'elle devienne transpersonnelle, universelle. Pas de violons : juste du silence et des choses banales qui soudain deviennent sacrées. Cinéma de la contemplation pure.